Dans le cadre d’une reprise de société, rares sont les porteurs de projet à pouvoir investir sur leurs fonds propres, même pour les plus petites entreprises. La plupart d’entre eux doit donc partir à la recherche de financement. Le texte ci-dessous rassemble les options les plus fréquemment utilisées en pareilles circonstances.

1. Les établissements bancaires

Pour financer un projet de reprise d’entreprise, la solution la plus évidente reste bien évidemment de faire appel à l’emprunt bancaire et au crédit. Ce type de financement demeure très classique. La banque vous avance de l’argent que vous remboursez ensuite tout en lui versant des intérêts. Attention, ne croyez surtout pas qu’il suffise de pousser la porte d’une agence pour réunir la somme nécessaire à votre investissement. Vous allez au contraire devoir séduire et convaincre le banquier de la solidité de votre projet. Pour construire votre argumentaire, prenez le temps de réaliser des études de marché et rédigez un business plan solide. Soyez également conscient que la banque est en droit d’exiger certaines garanties avant de vous prêter de l’argent. Elle demandera peut-être un nantissement du fonds de commerce ou la remise de parts sociales et d’actions en contre-partie de son soutien financier.

2. Les organismes d’État

Afin de faciliter la reprise d’entreprises en difficulté, l’État a souhaité apporter une nouvelle solution aux porteurs de projet. Il a donc constitué un organisme spécifique en capacité de concurrencer les établissements bancaires privés. Celui-ci se nomme BpiFrance (Bpi signifiant ici Banque Publique d’Investissement). Cet organisme a la capacité de proposer des prêts dont les montants sont compris entre 40 000 et 650 000 €. Il n’exige en revanche ni garantie ni caution personnelle au préalable. Le signataire dispose ensuite de sept années au maximum pour rembourser sa dette. Afin de ne pas trop pénaliser les premiers mois de la reprise de l’activité, BpiFrance accorde généralement un allègement des mensualités au cours des deux premières années.

3. Vos associés

Contrairement à une idée trop largement répandue, reprendre une entreprise en difficulté n’est pas nécessairement une aventure individuelle ! Il est en effet tout à fait imaginable de monter une société en vue de cet objectif et donc de compter sur des associés. Ces derniers auront la possibilité de porter une partie de leurs apports au passif du bilan. Ils figureront alors dans les comptes-courants d’associés. L’associé-prêteur deviendra alors un créancier pour l’entreprise reprise. Il faudra donc le rembourser et peut-être même lui verser des intérêts. Cette méthode constitue une alternative intéressante lors d’une campagne de financement délicate. Elle permet également à vos amis ou à votre famille de s’impliquer dans votre projet sans pour autant devenir majoritaire dans le capital de la future société. Vous resterez par conséquent le seul maître à bord !

4. Le vendeur

Il s’agit très probablement du moins connu des modes de financement existants permettant de lever des fonds ! Pourtant, le vendeur est en droit de vous accorder lui aussi un prêt. De tels cas restent tout de même relativement rares. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que la relation entre le vendeur et le repreneur doit forcément être solide pour envisager une telle solution. Le vendeur peut même trouver un intérêt à agir de la sorte. Cela lui permet en effet de vendre sa société à un prix un peu plus élevé, sans la brader. Il pourra ainsi mieux réduire son endettement personnel si il y a lieu. Une telle action constitue également une marque de confiance qui sera utile au repreneur en vue de ses futures négociations avec les fournisseurs ou les établissements bancaires.

5. Le financement participatif

Les solutions énoncées jusqu’à présent dans ce texte ne vous ont pas été d’un grand secours ? Rassurez-vous, vous disposez encore d’une ultime alternative. Et si vous vous tourniez vers les financements alternatifs et notamment les plateformes de crowdfundingIl existe en effet des plates-formes numériques mettant en relation des entrepreneurs à la recherche de fonds et des potentiels investisseurs. Ces derniers sont majoritairement des particuliers. Si ils sont séduits par votre projet, ils vous proposeront une somme d’argent. Bien entendu, il ne s’agit pas d’un don mais bien d’un emprunt que vous devrez forcément rembourser ainsi que les intérêts si nécessaire. Cette solution de financement reste surtout utilisée afin de prendre en charge les dépenses non comptabilisées par les banques (besoin de liquidité ou investissements immatériels par exemple).