Le gouvernement a pour projet de créer une banque publique d’investissement en regroupant Oseo et la CDC (Caisse des dépôts et consignations), afin de renforcer les capitaux propres de nos PME françaises. La belle idée. Et en parallèle, nos élus souhaitent réduire les avantages fiscaux liés à l’investissement dans les PME, à un niveau quasiment rédhibitoire compte tenu du caractère risqué de cette classe d’actifs.

Nul besoin de rappeler que ce sont les investisseurs qui financent les PME, leur donnent une chance d’exister et surtout, une chance de créer des emplois. Notre tissu de PME est le premier employeur de France, mais nos PME sont majoritairement sous-capitalisée et ont du mal à accéder au crédit. Le financement privé, via les réductions d’impôts et des intermédiaires professionnels, je pense à la loi TEPA, était une alternative merveilleuse, au moment où les banques et les assurances se sont désengagées de l’investissement en capital. Alors pourquoi tuer cette idée ? Pour ne pas faire de cadeaux aux riches ? Pour avoir plus de pauvres et moins d’emplois ?

L’investissement en capital est un métier, un métier d’entrepreneur. Il faut connaître l’entreprise pour juger et jauger de la pertinence d’une équipe et de son business model. C’est pourquoi il est bon de laisser travailler des équipes dont c’est le métier, afin de canaliser l’épargne des gens qui ont du patrimoine, pour sélectionner avec minutie les projets qui ont le plus de chance de créer de la valeur et des emplois demain. Confier à des organismes publiques le soin d’investir dans nos PME est une bonne idée, mais au stade du démarrage, avec de petits montants. J’y vois là le rôle de l’état : donner sa chance à chacun. Mais pour les levées de fonds suivantes, il faut laisser faire les entrepreneurs qui gèrent des fonds d’investissement.

Qui trop embrasse, mal étreint : vouloir centraliser le financement de nos PME dans un organisme publique en tuant les professionnels du métier de l’investissement, c’est prendre le risque d’avoir de jeunes pousses qui se tourneront vers l’étranger, faute de capitaux nationaux, emportant les emplois avec eux.